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TENDANCES & STATISTIQUES IMMOBILIÈRES

À l'image du Mile-End

La mairesse cite en exemple le cas du Mile-End, ce quartier périphérique du centre-ville dont le destin fut transformé il y a une quinzaine d'années par l'arrivée d'Ubisoft, la multinationale française du jeu vidéo. Son implantation sur le boulevard Saint-Laurent, à coup de généreuses subventions de Québec, et la création de plus de 2 000 emplois dans le secteur, a fini par lui donner un nouveau souffle.

Aujourd'hui, cet ancien quartier de manufactures est devenu l'un des quartiers les plus recherchés de la métropole, tant pour y travailler que pour y vivre. Il suffit, pour s'en convaincre, de constater le nombre de cafés et d'espaces de travail collaboratifs qui s'y trouvent aujourd'hui.

Aux immigrants d'origine portugaise et aux familles nombreuses de confession juive, présents dans le Mile-End depuis des décennies, s'ajoute maintenant une faune bigarrée composée de geeks de l'informatique, de hipsters friqués de langue anglaise et de jeunes branchés de l'industrie de la mode attirés par les Frank & Oak et M0851, qui y ont aussi implanté leur siège social.

L'énergie des lieux s'est même répandue aux quartiers voisins. C'est le cas, en particulier, du Mile-Ex, à un jet de pierre, coincé entre la Petite-Italie et Parc-Extension. En quelques années à peine, ce secteur négligé est devenu ni plus ni moins l'épicentre de la recherche et du développement de l'industrie de l'intelligence artificielle à Montréal. Le Mila, Ivado, Element AI et Microsoft, entre autres, y ont tous élu domicile.

«Le boost a été incroyable là-bas, explique Mme Plante. Je suis certaine qu'on peut faire la même chose dans le quartier L'Assomption, appelé à devenir un des prochains quartiers névralgiques de Montréal.» Cela tombe bien, ajoute-t-elle, puisque le gouvernement du Québec voit les choses de la même manière.

L'idée est de parvenir à réunir une concentration suffisante d'emplois dans le secteur (à l'est d'Hochelaga-Maisonneuve) pour développer de l'habitation par la suite. Le tramway de l'Est viendrait ensuite naturellement s'y greffer. «On a déjà reçu des sous (100 M$) pour la décontamination. On va commencer cela. Une fois terminée, ça va partir. Je ne sais pas si tout se fera d'ici la fin de mon mandat, mais disons que la volonté est là.»

Les affaires

Trudeau veut freiner la spéculation

September 13, 2019

Faut-il décourager les Chinois d’acheter des propriétés au Canada ? Le chef libéral Justin Trudeau pense que oui et c’est pourquoi il promet, s’il est élu, d’imposer une taxe sur les résidences acquises par des étrangers, afin de mettre un frein à la spéculation immobilière qui réduit l’accès à la propriété des Canadiens.

Le Parti libéral du Canada propose de taxer chaque année, à hauteur de 1 %, toutes les propriétés possédées par des non-Canadiens qui n’habitent pas au pays. Les citoyens vivant à l’étranger ou les non-citoyens habitant au Canada ne seraient pas visés.

« Nous envoyons un signal que le Canada n’est pas un endroit pour ceux qui veulent faire de la spéculation immobilière », a lancé M. Trudeau alors qu’il se trouvait à Victoria (Colombie-Britannique), une région particulièrement touchée par le phénomène. Les libéraux n’ont pas calculé à combien de résidences cette taxe serait susceptible de s’appliquer, pas plus que les revenus qu’elle générerait.

La proposition libérale mime la taxe de maintenant 2 % appliquée par la Colombie-Britannique depuis l’an dernier aux étrangers non-résidants qui possèdent des propriétés dans certaines régions urbaines désignées. En un an, la taxe a rapporté 115 millions de dollars. L’Ontario a adopté il y a deux ans une mesure légèrement différente consistant en une taxe ponctuelle, à l’achat, de 15 % sur les propriétés situées dans la grande région torontoise et les environs.

M. Trudeau estime que ces mesures sont efficaces, mais pernicieuses. « Nous avons vu avec l’expérience de la Colombie-Britannique que même une taxe modeste peut avoir un impact significatif sur la spéculation immobilière étrangère. Mais une des répercussions de l’initiative de la Colombie-Britannique est que le capital a migré vers d’autres régions du pays où une telle taxe modeste sur la spéculation étrangère n’est pas en place. C’est pour cela que nous croyons qu’il est important de créer une mesure nationale à travers le pays. »

 Nous envoyons un signal que le Canada n’est pas un endroit pour ceux qui veulent faire de la spéculation immobilière

— Justin Trudeau

La Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) a évalué qu’à Vancouver, 15,3 % de toutes les nouvelles propriétés (construites en 2016 et 2017) sont détenues par des étrangers. Le taux passe à 19,2 % si on ne compte que les appartements en copropriété.

Le phénomène n’est pas aussi marqué à Montréal, mais il existe néanmoins. La SCHL estime que 7,8 % des appartements en copropriété au centre-ville de Montréal étaient détenus par des étrangers en 2018. Cette année-là, 12 % des condominiums ont été achetés par des étrangers, et la SCHL estime que la hausse de la présence étrangère sur le marché était majoritairement le fait des acquéreurs chinois. La firme JLR, spécialisée dans les données sur le marché immobilier, calcule que, pour toutes les catégories de propriétés confondues, les étrangers ont été responsables en 2018 de 3,9 % des achats en 2018, comparativement à seulement 1,9 % quatre ans plus tôt.

Hélène Buzzetti

Les affaires

La hausse de taxes ne dépassera pas 2% en 2020, promet Valérie Plante

September 12, 2019

La valeur des immeubles sur le territoire de l’agglomération de Montréal a augmenté de 13,7 %, indique le rôle d’évaluation déposé par la Ville de Montréal mercredi pour les trois prochaines années. Pour le secteur résidentiel, cette hausse atteint 15 %. L’administration de Valérie Plante promet toutefois que les hausses de taxes des Montréalais seront limitées à 2 % en moyenne l’an prochain.

Les données du nouveau rôle d’évaluation contrastent avec celles du précédent rôle, qui fixait à 5,9 % la hausse de valeur pour l’ensemble des propriétés de l’île de Montréal.

  

C’est dans l’arrondissement de Verdun qu’on retrouve la hausse moyenne de la valeur des propriétés la plus élevée. 

Ce sont les immeubles résidentiels de six logements ou plus qui ont connu la plus forte progression avec une croissance de 21,7 %. La valeur des unifamiliales a pour sa part augmenté de 16,7 %, tandis que celle des immeubles résidentiels de cinq logements ou moins a bondi de 13,6 %. Quant aux logements en copropriété divise (condominiums), dont la croissance avait été limitée à 2,2 % dans le rôle précédent, leur valeur a grimpé de 8,7 %. Leur valeur moyenne atteint 359 800 $ à Montréal.

La valeur des immeubles non résidentiels a quant à elle augmenté en moyenne de 9,8 % sur l’île de Montréal.

À l’échelle de la ville de Montréal, ce sont les arrondissements de Verdun (19,8 %), du Sud-Ouest (17,1 %), du Plateau-Mont-Royal (16,7 %), d’Outremont (16,3 %) et de Rosemont–La Petite-Patrie (14,6 %) qui ont connu les hausses de valeur les plus importantes. Les arrondissements d’Anjou (8,1 %), de Montréal-Nord (6,9 %) et de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (6,5 %) ferment la marche.

   

Du côté des villes liées, L’Île-Dorval (27,4 %) trône au sommet du palmarès des hausses de valeur, suivie de Beaconsfield (25,9 %), de Hampstead (23,6 %), de Mont-Royal (23,1 %), de Kirkland (22,6 %) et de Westmount (20,6 %).

Un total de 488 683 unités sont inscrites dans ce rôle qui couvre les années 2020, 2021 et 2022, pour une valeur totale de 384,5 milliards de dollars, ce qui représente une hausse de 75,7 milliards par rapport au rôle précédent.

Plusieurs facteurs ont pu contribuer aux hausses observées dans l’ouest de l’île, où elles avaient été plutôt mitigées lors du dernier rôle. « Il y a peut-être juste un rééquilibrage », note Joanie Fontaine, économiste à la firme JLR. Mais l’effet du Réseau express métropolitain (REM) pourrait commencer à se faire sentir, non seulement dans les villes liées, mais aussi à Verdun — qui englobe L’Île-des-Soeurs, où une station sera construite —, avance-t-elle : « Il va y avoir une plus-value dans les secteurs qui sont à proximité du REM. »

Jeanne Corriveau

Le devoir

Trouver le métro

September 02, 2019

C'est ce que pense l'économiste Joanie Fontaine, de JLR Solutions foncières. En d'autres termes, avant d'acheter une maison unifamiliale, un condo ou un «plex» à Montréal, il est préférable, et surtout « rentable », de vérifier s'il y a une station de métro tout près pour accéder rapidement à son travail au centre-ville.

«Il s'agit d'un élément très important, les transports en commun, si on achète à Montréal, mais il y en a d'autres, précise-t-elle. Il faut prendre le temps de choisir le quartier qui nous convient. Veut-on y retrouver des cafés, des restos et des bars branchés? Des boutiques de qualité?»

«Il peut arriver que le quartier soit en train de se développer et que les services soient encore insuffisants, ajoute-t-elle. Dans ce cas, il faut être patient. Il faut voir si on achète pour le court terme, ou si on est prêt à attendre des années avant de vivre dans un secteur qui répond à nos attentes.»

À titre d'exemple, elle souligne qu'il faudra «surveiller de près» la progression des secteurs qui seront éventuellement desservis par le prolongement de la ligne bleue. «Ce prolongement va dicter l'allure du marché à Saint-Léonard et à Anjou, et cela devrait contribuer à stimuler les ventes de maisons», prévoit-elle.

Même chose, assurément, pour les secteurs qui seront desservis par le futur Réseau express métropolitain, dans l'Ouest-de-l'Île, notamment.

Chose certaine, le marché de la revente à Montréal demeure solide, affirme pour sa part Paul Cardinal, directeur d'analyse à la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ). Il ne voit pas de ralentissement à court terme dans les ventes de propriétés à Montréal.

«La hausse des ventes a été de 7 % au premier trimestre dans la région de Montréal, rappelle-t-il. Ça dépasse largement l'augmentation des transactions dans l'ensemble du Québec [+ 3 %].»

«Ce sont pas mal tous les quartiers montréalais qui font bien [pour le nombre de transactions et les prix de vente], ajoute-t-il. À vrai dire, c'est vendeur partout pour l'unifamiliale, mais il y a des écarts dans les condos.»

Il constate que le marché montréalais continue de «surfer» sur la vague des 100 000 emplois créés depuis deux ans et sur le solde migratoire positif.

La Presse

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